Coworkers, portrait de groupe

Aujourd’hui commence la Belle Semaine, deuxième édition ! Ce sera l’occasion de lancer Epicentre Média. On vous en dit plus jeudi, mais une des conséquences est que ce blog va changer d’allure. Plus vivant, collectif, multi-supports, il s’efforcera de refléter le bouillonnement qui agite de plus en plus notre Factory, grâce à ses quelques quatre-vingts coworkers et ses nombreux sympathisants, partenaires et autres passagers. En conclusion à notre série de portraits de coworkers et pour vous donner envie de nous rejoindre, voici un dernier portrait. Sur le mode collectif, bien sûr !

travailler-en-coworking-2En deux ans, une quinzaine de mes camarades coworkers se sont prêtés à ces rendez-vous et ont accepté de dévoiler leur parcours professionnel. J’ai essayé d’y déceler les motivations, les ressorts, la part de hasard, celle de l’héritage… Ces rencontres ont été d’une grande richesse et pleines de surprises. Les trajectoires sont très diverses, car dans notre cowork se rencontrent une multiplicité de profils, de générations, d’expériences, de situations.

Pourtant, avec le recul de ces quinze rencontres, j’ai perçu des constantes. Voici donc LE portrait DU coworker ou… les six qualités (ou défauts ?) qui vous mènent droit au coworking.

1. Des parcours incohérents ET cohérents

C’est très étonnant : presque chacune de ces rencontres a commencé par un aveu spontané : « ça va être compliqué parce que mon parcours est assez incohérent ». Cependant, à chaque fois, j’y ai trouvé au contraire une grande cohérence.

Paradoxe ? Pas si sûr. Ce que chacun de nous – je m’y inclus volontiers – regarde comme de l’inconséquence n’est qu’une propension exceptionnelle à changer de cap pour s’enrichir de nouvelles expériences et relever de nouveaux défis. Cela révèle une grande curiosité, une soif d’apprendre, une phobie de la routine et de l’ennui. La réussite matérielle ou sociale n’est pas le moteur, au contraire de quelques valeurs fortes qui apparaissent comme de solides fils rouges.

2. Des jobs sur-mesure

Le coworker est créatif : il n’hésite pas à inventer son métier en fonction de ses envies et de ses compétences. Il s’inspire de ce qui se fait et se pense autour de lui : adapter à la communication des méthodes de coaching, au coaching des idées du numérique, au numérique des pratiques de la culture et ainsi de suite… Être créatif, c’est aussi arriver à marier les genres : l’art avec l’industrie, le jeu vidéo avec l’audition, l’audiovisuel avec l’aéronautique, la carpe avec le lapin…

3. Même pas peur

L’optimisme est aussi un facteur qui vous fait courir des risques élevés d’arriver dans un espace de coworking. A l’heure où tout le monde craint pour son job et s’y cramponne avec ferveur, le coworker est spécialiste du saut dans le vide. Lâcher un poste d’ingénieur pour monter une start-up, vivre sur ses économies pour fonder son entreprise, tenter un business de niche ou s’attaquer à une montagne est aussi naturel pour lui que traverser la rue pour le commun des mortels. Il y va à fond, avec sérieux et conviction, avec compétence et détermination. C’est sans doute ce qui explique qu’il est convaincant.

4. De si belles personnes

Le corolaire, c’est l’importance de l’humain. Les coworkers disent tous que ce qu’ils apprécient dans notre espace commun, ce sont les rencontres, les échanges, la qualité des relations et le plaisir qu’ils y prennent. Ce sont des gens bienveillants, généreux et chaleureux, qui vous soutiennent quand ça ne va pas et qui vous applaudissent quand vous réussissez. Et de fait, une part importante de ces coworkers sont de nouveaux arrivants à Clermont-Ferrand et ils témoignent que notre tiers-lieu a été capital dans leur intégration à la ville : pas seulement un lieu de travail, mais aussi un endroit pour se faire des amis et un lieu-ressource formidable.

5. Electrons libres

Cela va de pair avec un goût évident de l’indépendance, une volonté d’assumer ses propres responsabilités. C’est pourquoi ils sont souvent free-lances, associés à de nombreux projets mais pas forcément sur du long terme. Dans le coworking, ils apprécient que chacun s’engage à la même hauteur qu’eux et placent la barre très haut professionnellement : ils sont indépendants parce qu’ils sont exigeants. Et en même temps, ils aiment œuvrer dans le concret : ils tiennent à leurs valeurs mais elles doivent se traduire par des actes, des applications pratiques de ces valeurs. Les discours ne leur suffisent pas.

6. Trop modestes

Toutes ces caractéristiques en font des personnalités attachantes, étonnantes et malgré tous ces points communs, extrêmement diverses. Ajoutons-y une grande modestie. Ces portraits ont souvent été nécessaires pour dévoiler que l’un avait été associé d’une grosse boîte de communication parisienne, que tel autre avait étudié dans une grande université néo-zélandaise, avait managé une équipe d’ingénieurs internationale ou animé du média-training sur des porte-avions pour les plus grandes armées du monde…

Si ces quelques lignes vous ont donné envie de nous rencontrer, (re)lisez ces quinze portraits… et rejoignez-nous !

Marie-Pierre Demarty

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Inventer son job, y aller à fond et le faire avec plaisir : le profil-type du coworker !

Belle Semaine, le retour !

La Belle Semaine, c’est l’occasion de vous faire découvrir Epicentre et tout ce qui s’y passe, ce qui se crée, s’invente, se développe entre nos murs. C’est l’occasion, surtout, de mettre en avant les savoir-faire de nos coworkers, au service des entreprises ou des particuliers. Fouillez le programme : il y a forcément un atelier, une animation ou une exposition qui vous attirera…

Belle semaine Epicentre

 TOUTE LA SEMAINE

Journées portes ouvertes – Vous ne connaissez pas le coworking ? Vous voulez sentir l’ambiance ? Prenez votre ordinateur portable et choisissez une table, au calme à l’étage ou dans l’animation du Comptoir. Pour les nouveaux, ce sera gratuit tous les jours pendant cette semaine. 

Exposition de drones – Par la société Ekodrone, jeune entreprise de création de films d’entreprise et d’imagerie par drones. Le lundi (voir ci-dessous) Sébastien, pilote de drone professionnel, présente ses appareils et répond à toutes vos curiosités quant à ces engins à manipuler avec précision et précaution.

Trois ateliers pour booster votre communication – Marie-Pierre, Julia et Laëtitia, trois expertes aux spécialités complémentaires, vous proposent des ateliers en séances individuelles d’un demi-heure : contenus écrits, réseaux sociaux ou prise de parole… Choisissez selon vos besoins et prenez rendez-vous. Attention : places limitées, en fonction des disponibilités des animatrices !

  • Vos textes de comm’ sont-ils efficaces ? – Echangez avec Marie-Pierre, rédactrice créative de La plume agile, sur les contenus écrits de votre site web, votre blog, vos dossiers de presse, vos brochures… : sont-ils clairs ? convaincants ? percutants ? pétillants ?… Sur rendez-vous au 06 08 78 19 92 ou contact.laplumeagile@gmail.com
  • Audit de vos pages Facebook professionnelles – Avec Julia, découvrez les points forts et les points faibles de votre page Facebook. Conseils, astuces et mini-préconisations stratégiques pour développer votre activité sur ce réseau social incontournable. Sur rendez-vous contact@woolies.fr
  • Ateliers pitch – Vous devez pitcher une idée, un projet… répondre aux questions d’un journaliste… faire un discours ? Venez tester votre discours et bénéficier de conseils personnalisés pour le rendre plus clair et convaincant. Sur rendez-vous à chaucesselaetitia@gmail.com ou par téléphone 06 60 20 86 75

LUNDI 19 SEPTEMBRE

Une vidéo en 24 heures chrono – Et si on faisait la vidéo d’Epicentre tous ensemble ? Scénario, tournage, montage… Animée par Ekodrone, la folle journée aura pour but de créer la vidéo percutante qui nous manque pour présenter Epicentre. Venez participer, figurer, apporter vos idées, vous initier au tournage et au montage… Lancement lundi à 10 heures au Comptoir

Démonstration de drones – Par Sébastien, pilote de drone à Ekodrone, qui répondra à toutes les questions que vous vous oserez lui poser sur ces objets volants identifiés. Lundi de 14 h à 16 h au Comptoir

Street Hypnose – Vivre dans le respect des phénomènes hypnotiques en toute sécurité, pleinement conscient … pour un fun total ! Une expérience étonnante proposée par Eric Langevin. Lundi de 17 h à 19 h au Comptoir

Introduction à l’entrepreneuriat social – Emma et Marion, animatrices de l’incubateur social CoCoShaker, vous proposent un rendez-vous en deux temps :

  • Echanges autour de MakeSense et CoCoShaker, c’est quoi l’entrepreneuriat social? Comment s’investir ? Ça sert à quoi ? A qui ?…
  • Animation d’un Hold-Up MakeSense autour d’un projet d’entrepeneuriat social (Association Bien-Être pour tous) : moment ludique ouvert à tous
    Lundi de 18 h 30 à 20 h 30. Entrée libre dans la limite des places disponibles

MARDI 20 SEPTEMBRE

Découverte des objets connectés – Benjamin et l’équipe d’OAAS vous initient à l’univers des objets connectés. Comment les fabriquer ? Les faire parler ? Mardi toute la journée, à la Fabric

Découvrir le coaching – L’association des coachs d’Auvergne vous propose une introduction à différentes méthodes de coaching, pour les particuliers ou les entreprises.

  • 9 h 30 à 16 h 30 : ateliers individuels. Au Comptoir, inscriptions sur place
  • 13 h 30 à 17 h 30 : 3 ateliers collectifs. En Mezza, inscriptions sur place

Street Hypnose – Vivre dans le respect des phénomènes hypnotiques en toute sécurité, pleinement conscient … pour un fun total ! Une expérience étonnante proposée par Eric Langevin. Mardi de 14 h à 15 h 30 au Comptoir

Conférence de lancement de Up Campus – UP Campus est un réseau social des acteurs positifs et engagés. Déjà plus de 50 membres hyperactifs ; rejoignez-les : http://up-campus.org/Mardi à 18 h 30

MERCREDI 21 SEPTEMBRE

Initiation au graphisme 3D – Samy, fondateur d’Arkima, vous invite à découvrir le graphisme en 3D, en deux temps, mercredi de 9 h 30 à 18 h, en Mezza :

  • Mini-conférence conviviale autour de la 3D : réponse à toutes les questions que vous vous posez à propos des technologies : étapes de production d’une scène 3D, présentation des outils de création, formations et débouchés…
  • Atelier pratique : création d’une œuvre originale en 3D.

On joue au Bugs ! – Grands et petits : l’équipe Magik Square anime votre après-midi. Venez jouer aux Bugs et apprenez la magie de la programmation. Mercredi de 14 h à 16 h 30 au Comptoir

Epicentre Cowork en assemblée générale – Bilan et perspectives, transformation en SCIC, stratégie, vision et questions diverses… Mercredi de 17 h à 20 h au Comptoir, réservé aux adhérents

JEUDI 22 SEPTEMBRE

Curiosités – Un atelier magique qui vous fera poser les bonnes questions, et découvrir un bon nombre de curiosités dans votre quotidien ! Animé par Pierre, fondateur d’Hexogone. Jeudi de 16 h à 18 h au Comptoir

Street Hypnose – Vivre dans le respect des phénomènes hypnotiques en toute sécurité, pleinement conscient … pour un fun total ! Une expérience étonnante proposée par Eric Langevin. Jeudi de 17 h à 19 h au Comptoir

Soirée Epicentre Médias – Attention, vos actus vont faire du bruit ! Et ça commence dès ce soir… On vous attend autour d’un verre pour fêter le lancement d’Epicentre Media. Ouvert à tous, au Comptoir, à partir de 19 h

VENDREDI 23 SEPTEMBRE

Vet Agro Sup en visite – Nous accueillons un groupe de futurs ingénieurs agronomes : visite et échange pour découvrir le concept du coworking et les multiples possibilités du travail en autonomie et en collaboration. Vendredi de 11 h à 12 h 30

Cobouffe – Comme chaque vendredi, on rassemble les tables, on apporte chacun son casse-croûte et on improvise un joyeux banquet. De 12 h 30 à 14 h, vendredi au Comptoir

Atelier coiffure, lissage et boucles – Une séance coiffure par Hair Professionnel, des coworkers spécialistes du e-commerce qui ont lancé leur marque de lisseurs Trendyliss : un modèle pour chaque typologie de cheveux. Lissage ou boucles, à vous de choisir ! Ouvert à tous, en Mezza, vendredi de 14 h à 16 h

Initiation aux bases de la photo – Découvrez les bases du fonctionnement d’un appareil photo (diaph / vitesse / sensibilité…) puis partez vous exercer en centre-ville de Clermont et finissez sur un débriefing sur ordinateur. Animé par Fanny Reynaud, photographe professionnelle. Vendredi en Mezza, de 16 h à 18 h. Groupe de 8 personnes maximum

Street Hypnose – Vivre dans le respect des phénomènes hypnotiques en toute sécurité, pleinement conscient … pour un fun total ! Une expérience étonnante proposée par Eric Langevin. Vendredi de 17 h à 19 h au Comptoir

Afterwork in english – Rencontre et papotage convivial en langue de Shakespeare, pour entretenir son anglais ou le remettre en route. Tous niveaux bienvenus, bienveillance requise ! De 18 h 30 à 20 h 30 au Comptoir. Entrée libre, apportez à boire ou à grignoter

 SAMEDI 24 SEPTEMBRE

Epicentre fête son premier anniversaire !

Vide-dressing – Passez au shopping en mode écolo ! Samedi de 11 h à 17 h au Comptoir

Concert Comme John – Duo féminin à l’univers bucolique, mêlant nostalgie et humour, Comme John est un mélange de pop anglaise sixties et de ballades pop’n folk. On est fans ! Samedi au Comptoir de 18 h à 19 h

Happy Birthday, Factory ! – Venez couper avec nous le gâteau pour fêter l’anniversaire de notre nouvel espace ! Samedi à 19 h au Comptoir

anniversaire Epicentre 

Système co prend la tangente !

A l’heure où le mode de vie nomade a pratiquement été rayé de la planète par notre civilisation de sédentaires-propriétaires-agriculteurs-bâtisseurs, les jeunes générations hyper-connectées, affranchies de la vie de bureau grâce à internet, réinvente un nomadisme de flâneurs. Le déplacement, la rencontre, l’hébergement, l’accueil ne sont plus des problèmes, puisque les sites collaboratifs leur permettent de résoudre ces questions n’importe où dans le monde. Système Co a rencontré deux d’entre eux ; ils nous livrent le mode d’emploi d’une mobilité heureuse…

Pour réécouter l’émission, c’est ici :

Et pour la télécharger, allez par là.

C'est une vidéo qui a fait le buzz sur internet : notre invité Quentin, avec sa coéquipière Anaëlle, présente toutes les astuces de l'aménagement du fourgon Atlas.

C’est une vidéo qui a fait le buzz sur internet : notre invité Quentin, avec sa coéquipière Anaëlle, présente toutes les astuces de l’aménagement du fourgon Atlas.

Et pour aller plus loin, toutes les références de ce dont nous avons discuté dans l’émission

Le thème, les invités :

  • Claire, membre de la communauté de free-lances du numérique Mangrove, de retour d’un rassemblement de cette communauté à Peniche au Portugal.
  • Quentin, qui a choisi depuis six mois de vivre dans son fourgon aménagé, dans lequel il est parti précédemment en voyage d’étude de six mois dans les parcs nationaux d’Europe.

On a aussi parlé de :

  • Néo-nomade, le site internet qui recense les espaces de travail accueillant des travailleurs nomades.
  • L’intervention TEDx de Clair Michalon : « Les Roms, derniers porteurs de notre culture d’origine »
  • Le film Wall-E
  • Les tiny-houses, petites maisons mobiles réalisées en auto-construction

L’interview :

Yohann Duriaux, travailleur nomade à l’heure du numérique, comme il se définit dans son blog, et l’un des principaux animateurs de Tilios, la communauté des tiers-lieux libres et open source francophones.

La chronique de Mister Tic : le start-up studio

Pour que le porteur d’un projet de start-up ne porte pas tout, tout seul et ne soit pas obligé d’apprendre tous les métiers nécessaires au développement du projet, un nouveau concept émerge, celui du start-up studio. Des compétences complémentaires collaborent ensemble pour construire simultanément plusieurs projets et où tous s’investissent à parts égales, l’apporteur de l’idée comme les co-développeurs, depuis le brainstorming initial jusqu’à la mise sur les rails. Tellement plus logique !

L’actu :

  • Clôture du festival Juste pour un printemps, ce mercredi 29 juin à 20 heures à l’opéra de Clermont, avec la comédie musicale de l’Atelier Créa’cœur « Spectaculaire, spectaculaire ! ». Le festival est organisé par l’association Juste pour un sourire, qui développe des projets culturels pour accompagner les personnes atteintes de cancer. Tout savoir sur la page facebook dédiée.
  • Un Agile Book Club est proposé mardi 12 juillet à 19 heures par l’association A-Cube (Association pour l’Agilité en Auvergne). A lire avant d’y participer : « Du Meilleur Scrum » de Peter Hundermark, disponible ici.
  • On anticipe également sur la rentrée en annonçant dès maintenant le renouvellement de notre Belle Semaine, après le succès de la première l’an dernier à l’occasion de l’inauguration d’Epicentre Factory. Bien sûr on aura l’occasion d’en reparler dans ce blog, mais vous pouvez déjà noter : ce sera du 19 au 25 septembre.

Les musiques de l’émission :

  • Les Nomades de Jean Ferrat
  • Nomadic Rhapsody d’Omar Akram
  • Nomade Slang par Ibrahim Maalouf

Et… c’est sur ce thème du nomadisme que Système Co fait son grand départ… Après trois années à fouiller les pratiques collaboratives dans tous les recoins de votre vie, nous espérons vous avoir définitivement convaincus des vertus du partage. Mais si vous croyez à la réincarnation des ondes, guettez tout de même la grille de rentrée de Radio Campus. Peut-être réapparaîtrons-nous sous d’autres formes… D’ici-là, n’hésitez pas à télécharger l’intégrale de ces rois années pour la réécouter sur la plage, en montagne ou au bout du monde. Bel été à tous !

Le saviez-vous ? De nos jours, les libraires volent !

Le coworker du moment#16 : Daniel Gauttier

Bien qu’un des premiers à avoir posé ses bagages à Epicentre, Daniel est un coworker épisodique. Pour une raison évidente : il exerce un métier nomade. Un métier bien singulier. Ouvrons le livre de son histoire et feuilletons les pages…

Profession libraire volant : un pied dans Epicentre, l'autre toujours prêt à partir en renfort de l'une des librairies adhérentes.

Profession libraire volant : un pied dans Epicentre, l’autre toujours prêt à partir en renfort de l’une des librairies adhérentes.

Daniel a probablement été le premier au monde à exercer son métier : libraire volant. Un intitulé évocateur et original, qui lui plaît bien. Depuis, il a un peu fait école. Mais cette idée de mutualiser un emploi entre une vingtaine de librairies est née chez nous, au sein de LIRA, l’association des libraires indépendants de la région Auvergne.

Désormais il est le joker de ces petits commerces qui font de la résistance un peu partout en Auvergne. « Par exemple la semaine prochaine, je vais m’installer à Billom pour remplacer un couple qui prend des vacances. Avant ils ne partaient jamais. Et une fois par mois, ils me sollicitent le lundi : en raison du grand marché hebdomadaire, leur jour de fermeture est le mardi. Du coup, ça leur permet d’avoir un vrai week-end », raconte-il. D’autres fois, dans d’autres lieux, il vient plutôt en renfort, dans la grosse période des fêtes ou pour une opération spéciale. Il est aussi aux avant-postes quand différents membres se réunissent pour une action collective. Exemple : la vente des livres au Salon du Carnet de voyage ou l’opération estivale Lire en short.

Une vraie chance

Unique salarié du GECLA – Groupement d’employeurs de la Chaîne du livre en Auvergne – Daniel vole ainsi de ville en village, travaille aussi pour les deux premiers éditeurs adhérents et bien sûr pour LIRA qui est un de ses employeurs. Et quand il ne vole pas ? Il reste à la base, à Epicentre, pour effectuer du travail de coordination, de prospective, d’administration.

« C’est une vraie chance de participer à une aventure aussi innovante alors que je suis en fin de carrière », se réjouit-il.

Une carrière qui a connu bien des détours et qu’il qualifie plus volontiers, comme sur son chouette cv en ligne, de parcours, sentier, trajectoire, itinéraire… De fait, il a fait du chemin, depuis la morne ville de Châtellerault d’où il s’est échappé dès son bac en poche. « Une ville triste, plate, post-industrielle, connue comme la pause-pipi à mi-chemin du trajet Paris-Bordeaux. » Pas de quoi le retenir !

Bout de route avec Léo Lagrange

Première étape à Bordeaux où il entame des études d’Histoire, sans accrocher à l’univers de la fac. Il bosse comme éducateur dans une institution pour ados en difficulté. Au bout de deux ans, on lui propose formation et titularisation. Mais ses aspirations le portent ailleurs. Nous sommes vers la fin des années 1970, la grande période de l’éducation populaire. Daniel, déjà engagé dans le mouvement, s’oriente vers l’animation. Il s’inscrit en IUT et décroche son diplôme d’animateur socio-culturel, tout en s’impliquant dans des centres de loisirs.

Premier poste à Mérignac, dans un quartier rejeté au-delà de l’aéroport militaire. Puis il est recruté pour diriger une maison de quartier dans la même ville. C’est le début d’une belle portion de route avec la Fédération Léo-Lagrange, fleuron de l’éducation populaire, que Daniel verra plus tard s’égarer entre enjeux politiques et déclin d’une certaine conception de la vie citoyenne. Après une dizaine d’années à Mérignac, il dirige pendant deux ans le service culturel d’Auch, à l’époque où cette petite préfecture commence à se construire une identité autour du cirque. « C’était la fin d’une époque à la mairie, mais nous avons pu bousculer des choses, restructurer la programmation, trouver des partenaires intéressants. C’était passionnant », se souvient-il.

Il ne garde pas le même souvenir du poste suivant : la direction d’un théâtre associatif à Avignon, qui engrangeait de l’argent pendant le festival pour pouvoir mener des actions toute l’année. Intéressant, mais il se trouve pris dans un sac de nœuds politique, découvre les contrastes sociaux de cette ville, voit grossir l’influence du Front national. Et subit le mistral quasi permanent.

Aberration économique

Mais peu à peu se dessine un nouvel horizon. Avec sa compagne, Daniel commence à imaginer un projet autour du livre. « Nous n’avions pas d’idée bien nette, mais nous savions que ça tournerait autour de la poésie, la littérature et le théâtre. » Les choses se précisent quand Daniel est licencié. Bye-bye Léo-Lagrange. Il se met à prospecter sérieusement et découvre le village de Montolieu dans l’Aude, qui s’est fait une spécialité du livre d’occasion. Une douzaine de librairies pour 700 habitants. Il se rapproche d’un personnage qui l’accueillera en stage, pour un projet assez ambitieux d’y fonder la première librairie de livres neufs. Ensuite – nous sommes en 1992 – Daniel et sa compagne lancent leur propre projet, La Petite Librairie. Un local minuscule et un beau travail avec les éditeurs, des invitations d’auteurs, de belles rencontres. « Nous nous sommes vite aperçus que c’était une aberration économique, commente-t-il. Nous étions autodidactes, nous n’avions pas beaucoup de livres, peu de moyens. Mais nous avons fait des choses magnifiques. »

Pour faire bouillir la marmite, chacun des deux se trouve un mi-temps. Pour Daniel, c’est la participation à un projet « encore plus fou » : un couple d’Anglais a investi une ancienne tannerie, avec l’intention de fonder un centre d’art dédié à la sculpture monumentale contemporaine. « Le lieu était une friche aux dimensions astronomiques. Mais ils savaient argumenter et ont obtenu l’appui des institutions. »

La Petite Librairie déménage au bout de deux ans dans un ancien café avec plus d’espace, une petite scène, des expos. « Nous avons pu alors mener le projet dont nous rêvions », reconnaît-il.

La vie reste rude. Après cinq ans de cette aventure, le couple se sépare. La Petite Librairie ferme. Daniel tourne une page, ouvert à tous les possibles mais de préférence en librairie. Une vraie formation pourrait l’aider. Il atterrit à Clermont, pour un DEUST « Métiers du livre, option jeunesse ». « A 40 ans, j’étais à nouveau étudiant. C’était difficile économiquement et j’avais l’impératif de trouver du travail très vite au terme des deux ans. Du coup, j’allais à tous les événements autour du livre, je réseautais. » Un stage aux Editions du Cheyne, en Haute-Loire, le rapproche de ce beau projet et il deviendra pour les treize années suivantes bénévole de leur festival des « Lectures sous l’arbre ».

Une ville sans vent !

Mais c’est à Clermont qu’il rebondit. Par le réseau, il a appris que la grande librairie jeunesse Papageno est reprise par la libraire qui y était employée et qu’elle cherche un partenaire. Daniel est embauché le 1er septembre 2002. Période faste. Papageno est une institution reconnue, appréciée. Elle travaille avec les associations, écoles et collectivités. Quand il ne conseille pas les clients, Daniel travaille avec les bibliothèques ou s’emploie à développer une présence sur des salons, des manifestations. Ce sera une aventure de dix ans. Daniel devient clermontois, apprécie cette ville sans vent après Avignon et la Montagne Noire. Il aime aussi sa taille humaine et la moyenne montagne autour.

Daniel intervient aussi sur des initiatives collectives, comme la vente des livres aux Rencontres du carnet de voyage.

Daniel intervient aussi sur des initiatives collectives, comme la vente des livres aux Rencontres du carnet de voyage.

Cette belle époque a pourtant une fin, bien connue à Clermont : la librairie perd d’importants marchés publics et surtout celui de Clermont-Communauté qui gère toutes les bibliothèques de l’agglomération. Après avoir envisagé toutes les hypothèses et suscité une forte mobilisation, les deux libraires, avec l’objectif de sauver la librairie, tranchent ensemble. Daniel, dont le statut de salarié lui permet de toucher le chômage, est licencié.

L’histoire dira que cette mesure n’a pas suffi. Mais Daniel a déjà en tête le prochain chapitre. C’est le moment où LIRA commence à avoir des idées de mutualisation. Il propose de s’engager dans ce projet et cherche en parallèle une formation. Le voilà à nouveau en fac, en décalage par rapport aux autres étudiants et aux enseignants, plus facilement tutoyé par ces derniers que par les premiers. Licence d’Economie sociale et solidaire. Il oriente tous ses travaux et stages autour de la création de ce qui allait devenir le GECLA.

C’est aussi l’époque où LIRA s’installe dans les locaux à peine ouverts d’Epicentre, rue des Gras. « Ça avait du sens, puisque nous étions aussi dans une dynamique de mutualisation. C’est devenu un peu plus compliqué, dans l’open space du nouveau lieu, de faire vivre notre projet associatif. Il y a eu de vives discussions avant le déménagement, mais nous avons fait cette concession parce que ça a du sens. »

Le GECLA naît en juillet 2014. Daniel est embauché en novembre, pile pour appuyer les libraires dans la période des fêtes. Et c’est ainsi qu’il a endossé son costume de libraire volant !

Texte Marie-Pierre Demarty – Photos Sébastien Godot

 

 

Epicentre Factory en route vers la SCIC

La première réunion d'information, le 2 mai à Epicentre.

La première réunion d’information, le 2 mai à Epicentre.

Quelque soixante-dix coworkers, des projets qui se multiplient, des entreprises qui nous « empruntent » l’espace pour booster leur créativité, des envies d’extension, des collectivités qui s’intéressent à notre initiative, des collaborations qui se nouent, des événements qui s’enchaînent… Epicentre Factory commence à ressembler à la ruche active et inspirante dont nous avons rêvé. Mais avec ce développement impressionnant, le tiers-lieu se sent désormais à l’étroit dans ses habits associatifs. C’est pourquoi nous avons lancé le processus pour passer de l’association à un statut de SCIC – Société coopérative d’intérêt collectif.

Qu’implique cette nouvelle configuration ? Tout d’abord, que nous afficherons clairement notre logique économique. Nous pourrons sans ambiguïté commercialiser nos espaces, nos outils, nos services et assurer la viabilité d’Epicentre. Confier des missions rémunérées à coworkers ou membres de l’association. Et réunir un capital qui apparaît aujourd’hui nécessaire pour le développement du projet.

Une vision commune du projet

Ensuite, la SCIC va permettre d’associer toutes les parties prenantes qui s’embarquent dans l’aventure, de quelque façon que ce soit : les coworkers, les salariés, les participants aux événements, les entreprises qui louent nos espaces, les associations qui utilisent le lieu, les structures extérieures avec qui nous nous associons pour proposer des services, les collectivités elles-mêmes…

Enfin, cette mutation peut aussi nous permettre de clarifier notre vision du projet. Car la première condition pour créer une SCIC est de définir son intérêt collectif, qui fait toute son originalité par rapport à une entreprise classique. Il ne s’agit en rien de modifier le fonctionnement d’Epicentre Factory mais de définir clairement sa finalité et de la partager.

Rendez-vous le 20 mai

Reste que le passage de l’association à la SCIC ne se fait pas en un claquement de doigts. Nous avons besoin de mobiliser les parties prenantes pour qu’elles s’impliquent et s’engagent dans ce projet. Il faudra encore plancher sur le type de gouvernance que nous souhaitons mettre en place, travailler à la rédaction des statuts, résoudre toutes les questions techniques… Pour cela, nous bénéficions de l’accompagnement d’un expert, du cabinet Oxalis, dans le cadre d’un dispositif local d’accompagnement (DLA).

Une première réunion d’information a eu lieu la semaine dernière. Elle a permis d’échanger et de répondre à de nombreuses questions. Même si beaucoup de participants ont encore l’impression que tout cela est encore très abstrait, les prochains rendez-vous permettront d’entrer dans le vif du sujet et de rendre le processus plus tangible.

Prochaine réunion vendredi 20 mai à 15 heures. Venez !